
Jeunes fijis vivants en groupe.
En matière de reproduction il est indispensable que les mâles et surtout les femelles soient arrivés à maturité et aient fini leur
croissance. Certaine femelles sont capables de reproduirent très tôt mais les dépenses organiques considérables que cela implique
peuvent avoir de répercutions dévastatrices sur leur organisme. Nous considérons que l’âge de la maturité sexuelle est de l’ordre
de deux ans. L’iguane à bandes de Fiji peut se reproduire toute l’année et nous observons ce même phénomène en captivité.
L’accouplement est précédé d’une parade nuptiale souvent assez stéréotypée, au cours de laquelle le mâle procède à des hochements
de tête verticaux, sa livrée fonce et ses couleurs s’intensifient. Chez la femelle le degré de réceptivité est aussi indiqué de manière
visuelle au moyen d’une livrée spécifique que la femelle n’arbore qu’à cette période précise. Une fois fécondée, elle change de coloration
et signale ainsi au mâle qu’il risque de perdre son temps. Ce phénomène s’appelle : « livrée gravidique ».

Femelle gravide.
Le mâle suit la femelle avec
insistance tout en la pressant au niveau des flancs, ensuite il la mord à la nuque pour l’immobiliser et glisse sa queue sous celle
de sa partenaire, pour mettre les cloaques en contact et permettre la pénétration. Les morsures peuvent être hélas importantes
et la femelle doit être enlevée et soignée médicalement. La durée de la copulation est assez brève de 10 à 15 minutes.
La fécondation accomplie, la femelle, en dehors de refuser les avances du mâle, va continuer à vaquer à ses occupations et à s’alimenter.
Les œufs se développent et prennent de plus en plus de place dans la cavité cœlomique pour enfin devenir visibles à travers
la peau de l’abdomen.

Accouplement.
Dans un délai variable, après le premier accouplement de six à huit semaines la ponte à lieu. La femelle présente un comportement particulier
: elle arrête de s’alimenter, est plus active qu’à l’accoutumé et gratte le sol à divers endroits. Dans nos terrariums, les femelles
choisissent les pondoirs que nous leurs avons confectionnés. Placés dans un angle, ces pondoirs remplis d’un mélange de copeaux et de
gros sable de rivière mesurent 25 x 25 x 30 (L x l x H).

Pondoir installé dans le terrarium.
Elles enfouissent leurs œufs au plus profond. Nous les re-disposons dans une
boite plastique transparente de (20x20x15) et remplie de vermiculite et d’eau au rapport de poids 1/1. Les œufs fécondés sont fermes
et blancs et varient en nombre de deux à sept.

Boite pour incubation.
Nous les prenons avec précaution afin de les laisser dans leur position initiale et de ne
surtout pas les retourner. Les œufs des reptiles sont dépourvus de chalaze. Ce qui signifie qu’un retournement risque de décrocher
le disque embryonnaire, et donc de tuer l’embryon en cours de développement. La boite de ponte est percée sur le côté par un trou d’1cm2
qui sera obturé au début par un ruban adhésif ; et le bas des côtés de la boite est percé de petits trous permettant
l’élimination du surplus d’eau. Nous plaçons les boites de ponte dans l’incubateur qui permet de créer un milieu stable, chaud et humide
et nous les ouvrons trente secondes tous les cinq jours afin de ventiler et contrôler les œufs.

Incubateur utilisé pour créer un milieu stable .
A l’instar de Mr KOHLER
(auteur de « incubation of reptile eggs » nous avons choisi une incubation longue, identique aux conditions du milieu naturel.
Les bébés sont plus gros, plus colorés, moins agressifs et en meilleure santé. Nos paramètres d’incubation sont de 28.4 à 28.7° en température
et 80% en hygrométrie. La durée d’incubation est 150 à 200 jours. A la ponte les œufs ont un diamètre de 40mm et une longueur de 20mm et
pèsent 8 à 10gr. En fin d’incubation le volume de l’œuf aura pratiquement doublé.

Oeufs en incubation.
Quelques jours avant l’éclosion, lorsque l’œuf est bien gonflé et bombé nous retirons le ruban adhésif du côté de la boite afin de garantir
un bon échange gazeux pour les nouveaux arrivants. Enfin le moment clé ! Celui où une petite tête va commencer à sortir de l’œuf.

Naissance de jeunes Brachylophus Fasciatus.
Chaque fois nous n’avons constaté qu’une seule naissance par jour. Quand l’œuf se fend nous prenons garde à ne pas effrayer le jeune
qui éclot car il risque de sortir avant d’avoir résorbé le sac vitellin (petite poche de réserve vitale au niveau du nombril). En général
on laisse faire la nature et tout se passe bien. Cependant si le bébé n’est pas sorti totalement, 24h après avoir fendu son œuf
et sorti sa tête, nous préférons l’aider en incisant délicatement la coquille.

Naissance de jeunes Brachylophus Fasciatus.

Naissance de jeunes Brachylophus Fasciatus.
Après éclosion totale, nous laissons les petits en
incubateur en les plaçant dans une plus grande boite plastique aérée et garnie dans le fond d’un papier absorbant humide.
Une durée maximum de deux jours est nécessaire afin que le cordon ombilical et le reste du sac vitellin tombent. Puis, vers midi,
nous intégrons les nouveaux-nés dans un terrarium approprié, déjà chaud et éclairé. Pour qu’ils trouvent aisément leur nourriture,
le terrarium est de petite taille (50 x 50 x 70), mais dans les mêmes conditions requises pour leurs parents.

Terrarium de petite taille .
Malgré le degré de
territorialité de l’espèce, il est primordial de les faire vivre en groupe car élevés individuellement ils refusent souvent de s’alimenter.
Les aliments sont coupés en petits morceaux mais sont identiques à ceux des adultes. Placés dans une pièce spécifiquement calme,
ils commencent généralement à manger à partir du cinquième jour. Nous leur donnons beaucoup plus d’insectes
(grillons ou criquets coupés en deux) dont ils sont friands et dont les protéines leurs sont indispensables.

Jeunes fijis vivants en groupe.
Grâce à cette alimentation
nous avons constaté des effets bénéfiques sur l’appétit de nos animaux et sur leur croissance. Dès l’âge de 4 mois nous pouvons
les installer dans un terrarium aux dimensions supérieures.
